Ballers – Série – 2015 à 2019
Ballers – Série – 2015 à 2019

Ballers – Série – 2015 à 2019

Ballers – Série – 2015 à 2019

En pleine intersaison, nous avons sans doute un peu plus de temps pour découvrir – ou redécouvrir – une des séries phares de ces 5 dernières années, avec pour cadre le football américain, et comme guide le spectaculaire Dwayne “The Rock“ Johnson, ex-star de la NFL en quête d’une reconversion dans un nouveau monde qu’il n’imaginait pas aussi féroce. Bienvenue dans l’univers de Ballers !

Il est toujours délicat d’expliquer pourquoi on a aimé ou détesté un film ou une série sans trop en dire au risque de frustrer celles et ceux qui ne l’ont pas encore vu. Pourtant on ne peut pas parler de Ballers sans en dévoiler quelques secrets car la série est dense, riche en contenu et spectaculaire sur bien des aspects.

Ballers nous raconte les premières années de la seconde vie de Spenser Strasmore, ex-star de la NFL, interprété par Dwayne Johnson, et sa tentative de reconversion dans le monde des affaires. Et pas n’importe quelles affaires puisque Spenser veut concilier son ancienne et sa nouvelle vie en devenant conseiller (attention, ce n’est pas agent) de joueurs encore en activité. Car Spenser n’a visiblement pas été très prévoyant, il a vécu grand train durant ses années de gloire, et se retrouve un peu (mais pas complètement) dépourvu lorsque la retraite fut venue. Il veut donc éviter à d’autres joueurs de reproduire les mêmes erreurs et les faire bénéficier de ses conseils et de son expérience. Si Spenser a naturellement ses entrées en NFL, il ne connaît malheureusement rien de son nouveau monde, et trouve en Joe Krutel (interprété par le remarquable et détonnant Rob Corddry) un partenaire beaucoup plus rompu que lui aux dures lois de l’univers de la finance et du placement.

Tour à tour brillant, candide, innocent ou même stupide, mais toujours honnête et entier, le personnage de Strasmore va progressivement s’éduquer aux règles de cette nouvelle jungle et jongler entre les caprices et excentricités de ses clients, le jeu des agents, les exigences des franchises, les coups bas des médias et l’oppressante puissance d’une NFL omniprésente.

Entouré de son associé et de quelques personnages récurrents, dont l’excellent John David Washington, fils aîné d’un certain Denzel Washington, qui joue le rôle de Ricky Jerret, un receveur fantasque et instable, Dwayne Johnson délivre une performance sans faille et bien plus intéressante que bon nombre des rôles stéréotypés qu’il a tenus par ailleurs.

Je n’en dirai pas plus sur l’histoire elle-même, la suite de cet article vous révèlera néanmoins quelques moments rares à déguster sans modération, et ce, même si vous avez déjà vu la série.

Inside the NFL

Le créateur de Ballers est Stephen Levinson, producteur à succès, qui s’est associé à d’autres producteurs exécutifs qui ont pour noms Dwayne Johnson bien sûr mais aussi Peter Berg ou Mark Wahlberg. Comme vous le constatez la série a des parrains solides et talentueux. Pour autant cela n’en garantissait pas le succès car si bien évidemment le thème abordé est porteur et potentiellement très populaire aux États-Unis d’abord, et exportable à l’étranger ensuite grâce à un casting solide, quelques résistances de poids ont vu le jour, et en premier lieu, la NFL, qui n’a pas vu d’un très bon œil ses stars se consacrer à un autre produit que la ligue elle-même. Mark Wahlberg est d’ailleurs monté au créneau très tôt pour défendre la série et pointer du doigt l’ingérence de la NFL qui naturellement a démenti tout interventionnisme.

Car un des atouts majeurs de Ballers c’est bien sûr l’immersion que propose la série dans cet univers impitoyable (et pour une fois, ce n’est pas que celui de Dallas). Immersion renforcée par la présence de très nombreuses vedettes de la grande ligue. Citons en vrac Odell Beckham, Melvin Gordon, Terrell Suggs, Julian Edelman, Antonio Brown, Desean Jackson, Ndamukong Suh, Victor Cruz, Alvin Kamara notamment. Mais pas que … On retrouve aussi Stephen Curry, la championne de tennis Caroline Wozniacki, cliente d’un concurrent de Spenser Strasmore incarné par Andy Garcia, ou encore Giancarlo Stanton qui évolue en MLB (aux Miami Marlins à l’époque du tournage et qui a rejoint depuis les New York Yankees).

Ajoutons Don Shula, l’historique coach des Dolphins de Miami, double vainqueur des Superbowl VII et VIII (1972 et 1973) et auteur de la 1ere saison parfaite en 1972 avec 14 victoires en 14 matchs de saison régulière (on ne jouait que 14 matchs à l’époque) et 3 victoires en playoffs avec au bout, le Superbowl VII remporté 14 à 7 face aux Redskins de Washington le 14 janvier 1973.

Les franchises sont également très présentes, tout d’abord les Dolphins coachés par le réalisateur Peter Berg, que les joueurs appellent “Coach Berg”, ce même Peter Berg qui réalisa quelques années plus tôt “Friday Night Lights”, la série et le film sujets d’un autre article de ce blog, et qui est un des nombreux producteurs de Ballers. On parlera aussi beaucoup de Dallas, de son richissime propriétaire et des hésitations de Vernon Littlefield, un des personnages récurrents de la série, à prolonger son contrat  chez les Cowboys. Les Patriots sont évoqués puisque le receveur Ricky Jerret va y signer et on verra notamment un 40 yards dash sur une plage avec Julian Edelman. Nous vivrons un temps au cœur de l’organisation des Rams de Los Angeles puisque l’ancien joueur Charles Greene, remarquablement interprété par Omar Benson Miller, réussit pleinement sa reconversion comme General Manager de la franchise californienne et usera de tous les stratagèmes possibles pour faire signer … Alvin Kamara !

Et enfin les Chiefs, choix prémonitoire avant leur sacre réel au dernier Superbowl. Le poste de président des Chiefs sera proposé à Spenser Strasmore au début de la dernière saison, comme ultime défi de sa reconversion, et nous assisterons à la très dure négociation du plus gros contrat de l’histoire, celui de Patrick Mahomes (que nous ne verrons d’ailleurs jamais), un contrat là aussi visionnaire avec ses 200 millions de dollars sur 5 ans, et 100% garantis.

Vous l’avez compris, le bling-bling et les stars sont au rendez-vous. L’ensemble est rythmé, dynamique et le format retenu d’épisodes de 28 minutes est idéal pour maintenir le spectateur en haleine.

Reconversion ?

L’un des thèmes de base de la série, c’est la reconversion des anciens joueurs. Si Charles Greene deviendra un excellent manager aux Rams et si Spencer Strasmore finira par obtenir gain de cause dans son combat face à l’institution NFL et aux puissants propriétaires des autres franchises, dans la vie réelle, combien de joueurs ont réussi leur seconde vie ?

Bien sûr, nous connaissons ceux qui ont pris le chemin des studios de télévisions pour y animer des shows et commenter les matchs : le légendaire Troy Aikman et plus près de nous, Tony Romo, quarterback non drafté des Cowboys de Dallas, 4 fois Pro Bowler, qui blessé, est passé des terrains aux plateaux de télévision puisqu’il est désormais consultant pour CBS. Nate Burleson, l’ancien receveur des Vikings, Seahawks, Lions et Browns entre 2003 et 2014, est également commentateur sur NFL Newtwork. Depuis 2016 il fait partie du plateau “Good Morning Football” et intervient aussi sur la chaine CBS avec une émission appelée “The NFL Today”.

On peut évoquer Charles Tillman, ancien cornerback des Bears et des Panthers entre 2003 et 2015, 2 x Pro Bowler, 1 x All pro en 2012, et devenu … agent du FBI.

Ou encore Tim Tebow, quarterback, Heisman Trophy en 2007 et apparu aux Broncos et aux Jets notamment. Peu utilisé, il s’est reconverti dans le baseball et évolue actuellement aux Mets de New York.

Puis Deandre Levy, un ex-linebacker qui évolua 8 saisons aux Detroit Lions et a pris sa retraite en 2017. Depuis il voyage avec sa famille, fait aussi du bénévolat et a notamment contribué à lever des fonds pour aider les personnes victimes de viols.

Chris Borland, ancien linebacker des 49ers, s’est retiré après une seule saison et travaille activement avec une association “After the Impact Fund” qui contribue aux soins des athlètes et des vétérans de l’armée.

Roman Oben, 12 saisons partagées entre les Giants, Browns, Buccaneers et Chargers, vainqueur du Superbowl XXXVII (37) en 2002 avec les Bucs de Tampa, est devenu broadcaster et directeur régional pour une firme de marketing. Il est aussi vice-président de “Youth & High School Football Strategy and Development for the National Football League”.

Des reconversions réussies, nous avons donc trouvé. Mais au final bien peu par rapport à l’énorme contingent de joueurs retraités, la plupart dans un anonymat total et une situation financière très éloignée de celle qu’ils ont connue lors de leur passage chez les professionnels. Ajoutons à cela un état physique souvent dégradé. C’est une évidence : la NFL est une véritable broyeuse de talents et d’hommes de devoir.

Anecdote personnelle

Je terminerai cet article par une anecdote personnelle. Récemment j’ai vu la série Shooter, produite également par Steven Levinson et Mark Wahlberg (décidément inséparables !) et au générique est apparu le nom de … Spenser Strasmore parmi les producteurs. Evidemment interpellé par l’apparition de ce nom, j’ai mené quelques recherches pour savoir qui était ce Spenser Strasmore car bien évidemment il ne pouvait pas s’agir d’une coïncidence. Et j’ai pu trouver l’information suivante : Spenser Strasmore existe bel et bien, il a commencé à travailler en 2011 pour Steven Levinson, le créateur de Ballers, et a notamment lu divers scripts dont celui de Ballers où le personnage principal ne portait à l’époque qu’un prénom : Spenser.

Strasmore a apporté sa contribution au script, retravaillé certains personnages et constaté qu’après modifications et intégration de ses propres travaux, la version suivante du script comportait cette fois un nom complet pour le rôle principal : Spenser Strasmore. Il a d’abord pensé qu’il s’agissait d’une blague et que le nom serait modifié pour le tournage. Mais le nom est resté. Il dit avoir signé un document de confidentialité avec la chaîne HBO, coproductrice et diffuseur du show, et ainsi avoir atteint à la fois une forme de célébrité mais aussi un certain anonymat sur le web quant à sa véritable identité. Il avoue enfin sa satisfaction d’avoir partagé son nom avec Dwayne Johnson.

Si par hasard vous êtes passés à côté de Ballers, il n’est pas trop tard : vous pouvez plonger sans hésiter dans l‘univers de Spenser Strasmore.

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Ballers

5 saisons et 47 épisodes de 2015 à 2019

Format : 28 minutes

Créateur : Stephen Levinson
Réalisateurs multiples : citons Julian Farino qui a réalisé le plus d’épisodes (17)
Producteurs : Dwayne Johnson, Dany Garcia, Mark Wahlberg, Peter Berg, Stephen Levinson

Acteurs principaux : Dwayne Johnson, John David Washington, Donovan W. Carter, Troy Garity, Omar Benson Miller, Rob Corddry, Serinda Swan …

 

 

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