Friday Night Lights – Série – 2006 à 2011
Friday Night Lights – Série – 2006 à 2011

Friday Night Lights – Série – 2006 à 2011

Friday Night Lights – Série – 2006 à 2011

Bienvenue à Dillon, Texas.

Changez l’ordre des lettres NFL, et vous obtiendrez FNL, l’acronyme d’un film et d’une série : « Friday Night Lights ».

Dillon, ville fictive du Texas, vit chaque vendredi soir au rythme de l’équipe de football de son lycée : les Dillon Panthers. Emmenés par le coach Eric Taylor (interprété par le remarquable Kyle Chandler) et nouvel arrivant à Dillon, les lycéens sont les héros de toute une communauté, en quête d’un seul Graal nommé « State », le titre de champion de l’état du Texas.

Durant 5 saisons et 76 épisodes, nous sommes plongés dans le quotidien du coach, des joueurs et leur environnement. A l’échelle de cette petite ville on retrouve tous les ingrédients du sport roi aux Etats-Unis : la quête du succès, les ambitions collectives et individuelles, les influences politiques et sociétales. On comprend très vite que le football et l’équipe, les « Dillon Panthers » puis les « Dillon Lions » sont la structure qui fait défaut à ces jeunes joueurs qui connaissent tous à titre individuel des difficultés familiales.

Et c’est le coach Taylor qui donne un sens à cette structure, un coach dont la vie personnelle et familiale est stable, sécurisante, fédératrice et inspirante. Il offre à chacun une écoute et un terrain d’expression inexistants dans leur quotidien. Le football, vecteur social d’intégration, permet aussi de rêver à une carrière professionnelle. Les ambitions personnelles entrent donc ponctuellement en collision avec l’intérêt général et le coach doit s’employer pour garder l’ensemble en équilibre. Agents, recruteurs d’universités, mais aussi dopage, la série n’oublie rien : l’univers sportif est parfaitement retranscrit. Le coach lui-même est d’ailleurs victime de son succès initial et ciblé par la puissante université du Texas, la TMU, université fictive elle aussi et inspirée de la véritable université de « Texas Tech » où quelques scènes seront d’ailleurs filmées. Il quittera temporairement sa famille et son équipe pour devenir un temps assistant coach universitaire, avant de revenir à Dillon, parce qu’on a besoin de lui, parce que lui a besoin de cette vie-là, parce qu’il s’y sent viscéralement utile.

Oui mais … Cette équipe doit gagner, la pression est constante et quand une poignée de ce que j’appellerai poliment des « notables » décide de prendre les rênes de l’équipe, le coach et ses valeurs ne pèsent pas lourd dans la balance. Il est écarté et on lui propose de prendre la direction de l’équipe de l’autre collège de la ville, la partie la plus défavorisée de Dillon. Sans autre choix que d’accepter, et parce qu’il perçoit tous les enjeux de cette nouvelle mission, il repart à zéro car il n’y a en fait plus d’équipe de football dans l’autre lycée, celui d’ « East Dillon ». Série dans la série, cette seconde partie va révéler d’autres acteurs (Michael B. Jordan, Jurnee Smolett) prêts à suivre cet homme qu’ils ne connaissent pas mais qui va si bien les comprendre et tellement leur apporter en leur permettant de croire en eux et se révéler. Deux saisons d’un combat social, humain et sportif pour tisser les liens, rétablir la confiance, rebâtir l’équipe des « Dillon Lions » et viser de nouveau le titre, ce fameux « State ». Je ne dévoilerai pas plus d’éléments de l’histoire car il n’est pas question pour moi de vous priver de la découverte de cette série.

Série ou documentaire ?

Beaucoup de scènes sont tournées comme un documentaire et les mouvements de caméra savamment distillés et volontairement maladroits et convulsifs nous amènent dès le premier épisode au contact de personnages à la fois bruts, attachants et terriblement ancrés dans une difficile réalité que nous allons partager avec eux. Nous ne regardons pas une série, nous la vivons, et c’est la véritable force de « Friday Night Lights » : l’immersion.

Les scènes de football, entraînements et matchs, sont plutôt de bonne qualité, dynamiques, nerveuses et relatent au mieux la tension qui règne chaque vendredi soir. La première saison est d’ailleurs totalement calquée sur ce rythme hebdomadaire jusqu’à ces fameux vendredis soirs où Dillon ne vit plus que pour ses « Panthers ». Et si on peut regretter que ces séquences se fassent un peu plus rares au fil des saisons, elles restent néanmoins un rendez-vous essentiel car c’est là que se partage la passion, que se concrétisent ou non les rêves.

Le réalisateur : Peter Berg

En 2004, donc 2 ans avant la série, le même homme, Peter Berg, avait réalisé « Friday Night Lights », le film. Ce film, puis la série, sont inspirés d’un livre de H.G. Bissinger « Friday Night Lights : A Town, a Team, a Dream ». Bissinger, journaliste et auteur, a un cousin qui s’appelle … Peter Berg !

Scénario similaire donc, pour un format évidemment plus condensé de 118 minutes, où Billy Bob Thornton endossait le rôle du coach Gaines et Connie Britton était déjà l’épouse du coach. Gaines, fraîchement débarqué dans la petite ville texane d’Odessa est chargé de mener l’équipe de football du lycée, les « Permian Panthers », à la quête du titre lycéen de l’état du Texas en 1988. Même contexte, mêmes enjeux, et déjà l’image, la musique et le rythme qui feront ensuite la singularité de la série. Le film remportera un vrai succès d’audience et cumulera 62 millions de dollars de recette au box-office. J’ai vu le film après la série, je l’ai apprécié, sans toutefois y retrouver l’émotion que m’a procurée la série.

De 2006 à 2011, Berg se lance donc dans la réalisation de la série et pendant cette période, il trouve tout de même le temps de réaliser deux films, notamment « Le royaume » où l’on retrouve dans la distribution Kyle Chandler, alias coach Taylor, et Minka Kelly qui tient le rôle de Lyla Garrity dans FNL. Toute la filmographie de Berg est facilement accessible sur le web. Je signalerai néanmoins deux très bons longs métrages tournés en 2016 : « Deep water » et « Traque à Boston ».

En 2015 Berg est de l’aventure « Ballers », série de 5 saisons qui s’est achevéee en 2019, qui a également pour cadre le monde du football américain, et cette fois-ci plus fortement la NFL. Producteur, réalisateur et même acteur puisqu’il y tiendra le rôle du coach des Miami Dolphins, Berg est omniprésent et réaffirme ici ses qualités de cinéaste accompli et sa passion pour le football (vous trouverez sur ce blog un article consacré à « Ballers »).

Les acteurs

Pour la grande majorité des acteurs, « Friday Night Lights » va être un révélateur et un tremplin. La plupart rapportent encore près de dix ans après la fin de la série combien elle a été marquante dans leur vie, personnelle comme professionnelle. Kyle Chandler, qui tient le rôle du coach Taylor, avouera que cette série a changé sa perception de son métier. On le retrouvera ensuite dans plusieurs films et avec succès, citons « Super 8 », « Argo », « Zero Dark Thirty », « First Man » notamment, ou des séries remarquables comme « Bloodline » ou « Catch 22 ». Son épouse dans FNL, Connie Britton, deviendra notamment l’incontournable Rayna Jaymes dans la série « Nashville ». Scott Porter, le premier quarterback des « Dillon Panthers » lourdement blessé dès le premier épisode de la série, se verra ensuite offrir des rôles dans de nombreuses séries dont « Rosewood » et récemment « Why Women Kill ». Et il est bien sûr Colt Cruise dans le mode histoire baptisé « Longshot » des jeux Madden NFL 18 et 19. Tiens tiens … Les « Bullfrogs » de Mathis ne feraient-ils pas écho aux « Panthers » et « Lions » de Dillon ?

Zach Gilford, alias Matt Saracen dans FNL, a été vu récemment dans « Los Angeles Bad Girls ». Adrianne Palicki (Tyra Colette) est au générique de « John Wick », « Marvel Agents Of Shield », « The Orville ». On retrouve Michael B. Jordan, l’ex-quarterback des « East Dillon Lions » des saisons 4 et 5 dans « Les 4 fantastiques », « Creed » et « Creed 2 », ou encore « Black Panther ». Jesse Plemmons a tourné dans « Le pont des espions », « Pentagon papers », « The irish man ».

Et je termine par Taylor Kitsch qui interprète Tim Riggins, mon personnage favori dans la série, et que l’on verra plus tard dans la série « True Detective » ou dans les films « Battleship », « Du sang et des larmes », deux longs métrages de … Peter Berg 😉

« Clear eyes, full hearts, can’t loose »

Cette phrase est inscrite à la sortie du vestiaire des « Dillon Panthers ». Les joueurs la touchent de la main au moment de pénétrer dans l’arène.

En dépit de tous les atouts énoncés et de mon enthousiasme à vous présenter FNL, la série n’a pas eu un énorme succès populaire aux Etats-Unis et paradoxalement a beaucoup plus rencontré son public dans d’autres pays comme le Canada. Par contre le succès critique a été unanime car la série dépeint avec authenticité une « Amérique profonde », sans concession, en évitant les clichés, et toujours avec pudeur, retenue et simplicité.

L’univers de « Friday Night Lights », la force de son contexte et la richesse de ses personnages, le rythme narratif et l’émotion qu’elle dégage souvent, ne peuvent évidemment pas s’exprimer pleinement dans un simple article. J’espère que la lecture de ces quelques lignes vous inciteront à découvrir « Friday Night Lights ».

C’est une série unique. Et vous l’aurez compris, moi j’ai adoré 🙂

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« Friday Night Lights » : le film
Année de sortie : 2004
Réalisateur : Peter Berg
Acteurs principaux : Billy Bob Thornton, Lucas Black, Connie Britton (déjà !), Amber Heard

« Friday Night Lights » : la série
5 saisons et 76 épisodes de 2006 à 2011
Réalisateur : Peter Berg
Acteurs principaux : Kyle Chandler, Connie Britton, Taylor Kitsch, Zach Gilford, Jesse Plemmons, Scott Porter, Aimee Teegarden Minka Kelly, Michael B. Jordan, Jurnee Smollett, Brad Leland

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